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 Lundi 6 Juillet
 
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version à imprimer Journal de voyage en Ouzbékistan :

Arrivée à Khiva (page 1/5)

Nous atteignons Khiva, à 30 km d'Ourgentch, vers 17h. De prime abord, la ville est très calme. Peu de gens dans la rue. Notre hôtel est au bord nord de la ville le long du rempart. C'est un hôtel simple, sans le confort de l'hôtel de Tachkent. Toute la famille de l'hôtelier y travaille : le jeune homme porte les valises à l'étage, la femme apporte les jus d'orange et il y a une jeune fille qui participe aux tâches.
Sans tarder, nous allons visiter la ville pour profiter de la belle soirée et d'une lumière extraordinaire dont rêvent tous les photographes.

Khiva est une ville-musée : elle possède de superbes monuments, 54 en tout, datant du XVIIe au XIXe siècle, du temps où elle fut un lieu de passage pour les caravanes du désert et le siège d'un Khanat (un royaume dont le roi est nommé " khan ", à prononcer " Rann "). La ville comprend le centre historique, chakhristan, lui-même inclus dans la " ville intérieure ", Itchan Kala, qu'encerclent des remparts crénelés. Là résidaient le khan (le roi) ou le vizir, les fonctionnaires, les étudiants des madrasa et les commerçants.
Les monuments se sont dégradés suite à l'abandon et au manque d'entretien. La remontée de la nappe phréatique, consécutive à l'intense irrigation de l'oasis du temps des Soviétiques, a provoqué des infiltrations à la base des murs qui décollent les céramiques et endommagent la brique. Les Soviétiques ont pris conscience de l'intérêt historique de la ville en 1975 et entrepris un vaste programme de rénovation, un peu brutal au goût de certains. Khiva a été classée au patrimoine mondial par l'UNESCO en 1990.
La population a été chassée de la vieille ville, même si des maisons de pisé subsistent au nord et au sud de la partie monumentale et sont habitées par 2.000 personnes. A l'extérieur des remparts, s'étend Dechan Kala, la " ville extérieure " où habitait le petit peuple.

En 1515, un groupe ouzbek, les Chaybanides Yadigarid, domine la région, à partir d'Ourgentch. Le cours de l'Amou Daria se déplace en 1576, à la suite de quoi les Chaybanides vont rechercher un autre siège à leur royaume. En 1619, le khan Arab Muhammad I (1603-22) choisit Khiva comme siège de son khanat.
Pierre le grand envisage d'ouvrir une route commerciale vers l'Inde en passant par le Khorezm et le khanat de Khiva. Il a entendu parler de rivières chargées d'or qui feraient la richesse de Khiva. Il envoie une armée de 4.000 hommes, sous le commandement du Prince Alexander Bekovich-Cherkassky, en 1717, à la fois pour vérifier la topographie de la région et pour négocier avec le khan Shir Ghazi. Celui-ci les accueille d'abord, et fait établir les camps dans plusieurs villes puis il les fait prisonnier et les passent par les armes, tous sauf 10 soldats chargés de porter la nouvelle chez eux.
L'armée russe ne revient qu'en 1873 et réussit à conquérir Khiva.

Ce soir, nous sortons de l'hôtel par une petite porte pour nous plonger directement au cœur du lacis de ruelles. Ce n'est pas le meilleur moyen pour s'orienter. Le cheminement le plus simple serait de longer le rempart et de bifurquer par les grands axes vers les monuments d'Itchan Kala. J'opte pour la solution qui va nous désorienter un peu et nous réserver de belles surprises. Ici, des jeunes femmes en longue robe flottant à contre jour nous dirigent vers une source d'eau. Elles descendent dans une fosse au milieu d'une large rue pavée. La plaque a été enlevée et elles peuvent puiser l'eau directement à la conduite. Les seaux de plastique bleu brillent au soleil. Je me rends vite compte que la photo ne les effraie pas. Quelle différence avec le Maroc où il est extrêmement difficile de photographier des personnages. Les gamins posent carrément.

 

Une dame tend son bébé pour que je le photographie. Les appareils numériques permettent d'afficher le résultat, de le contrôler et … de le montrer aux sujets photographiés. L'idéal serait de leur remettre un tirage. Je le fis en Chine, à Pékin, auprès d'une famille qui m'avait ouvert leur porte, alors qu'ils ne parlaient aucune langue que je comprisse et que je ne parlais aucune langue qu'ils comprissent. J'avais su retrouver leur adresse, dans la nuit brumeuse (c'était en hiver), au coeur d'un hutong (prononcer "Routong") promis aux bulldozers. La vue des photos que je venais de faire tirer sur papier les enchanta. Je suis sûr que ces photos sont en bonne place dans leur chambre qui tient lieu de pièce à vivre.


Un bruit de martèlement nous attire vers une madrasa transformée en atelier de boiseries. On y fabrique des piliers, que je prends pour des mâts (car ils sont effilés). On en verra de beaux exemplaires à la mosquée.
Une grande place en pente est encadrée par deux grands monuments, l'un à l'est est fermé, l'autre à l'ouest est encore ouvert et gardé par des policiers. C'est l'ancienne résidence du khan dont les terrasses qui surplombent la ville sont accessibles jusqu'à 19h. Le soir est idéal pour y monter et admirer la ville sous le soleil couchant. Mais une petite terrasse au bout de la place nous convient pour l'heure. Les tables rustiques posées sur des pavées irréguliers nous offrent un point d'observation sur la rue en contrebas. J'y prends une bière en bouteille, de 50 cl. On consomme habituellement du thé, de la bière, du coca.
En face, un marchand vend des chapeaux noirs en laine de mouton, ou chugirma : on le portait été comme hiver, en hiver il tient chaud, en été il fait suer et l'évaporation rafraîchit.

D'autres touristes ont pris place. Il se pourrait que ce soit des touristes individuels. Nous en verrons fort peu. D'ailleurs le site LonelyPlanet met en garde les touristes individuels ainsi :
"L'Ouzbékistan cultive les paradoxes : alors que c'est la république d'Asie centrale qui possède le potentiel le plus important, les autorités ne favorisent guère le tourisme. Les pratiques et les mentalités n'ont pas évolué depuis la disparition de l'URSS. ... Le gouvernement n'encourage que le tourisme très encadré. Si vous voyagez seul, sachez que les autorités ne feront rien pour vous faciliter la vie."

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